Le manque d'inspiration, associé au manque de temps, m'oblige à vous servir du surgelé aujourd'hui.
Copier/coller, c'est tellement facile. (Demain discours du Premier Ministre)

Marseille - Tunis

Marseille. Port de la Joliette. Cinq heures du matin.
Dans l’interminable file d’attente des voitures qui embarqueront à 10 heures, j’attends.
Embarquement pour Tunis, Alger…

Mon passeport et ma voiture sont bien originaux. J’ai l’impression d’avoir déjà traversé. Tout parle arabe. Les hommes et les enfants tuent le temps à l’extérieur. Il fait très doux. Les femmes, elles, « gardent la voiture » ; pas une n’a bougé de son siège.
Les enfants courent, s’excitent. Les pères distribuent les claques à une cadence folle avec une force impressionnante.
Cette Peugeot 504 devant moi s’est vidée de six enfants de 1 à 8 ans. Comment est-ce possible ? Ah ! il semble qu’il y ait deux jumelles : Deux pantalons jaunes à fleurs, deux tee-shirts roses et deux bananes à la ceinture.

Voilà, on est venu me parler en arabe et on ne m’a pas cru lorsque j’ai affirmé que je ne comprenais pas, que je n’étais pas arabe.

Sous les cris des mouettes, quelques policiers essaient d’organiser les files d’attente.

Si j’osais sortir mon appareil photo. Je n'ose pas. Ces voitures chargées, bondées… Je ris, je ris en silence.

Je sens que je suis suspect : Seul dans mon monospace bien rangé, quatre places libres, un coffre rempli au niveau de la plage arrière et rien sur la galerie. Je vous promets que je suis le seul ainsi.

Le jour se lève, presque six heures.

Un frigo sur un matelas fait un demi-tour plus loin, une minuscule voiture suit, dessous.
Quel spectacle ! C’est surréaliste !
Remorque : Escabeau, tapis, sèche-linge, cartons, bananes martiniquaises, magnétoscope, vélos, valises, chaises.
Galerie : Roues de mobylette, couette, camping gaz, poussette, téléviseur, armoire, réfrigérateur… et des kilomètres de ficelle pour attacher tout ça.
Tringles à rideaux, couvertures, coussins, bassines, transistors…

Les policiers partis, il n’a fallu que trois minutes pour qu’on revienne à la case départ.

6 heures : Pré-parking Tunis. Fou, fou, fou ! Fourmilière de toits colorés, saucissonnés.
Tout le monde sort des carlingues à présent. Le soleil tapera tout à l’heure.

Mes yeux, mes yeux ne veulent pas croire. Pas encore de nervosité ni d’altercations.

J’attends toujours, mets la radio… musique arabe… puisque je vous dis que j’y suis déjà.