Nos trottoirs ? Que va-t-il nous sortir encore ?

Ah ! J'ai compris. Il va sans doute nous parler des crottes de chiens, de l'incivisme des maîtres, des affiches de la Mairie qui promet de verbaliser les contrevenants sévèrement et ne le fait jamais.

Non ?

Ah, oui ! Les deux-roues, et parfois les quatre-roues, garés n'importe comment sur l'espace réservé aux piétons.

Non ?

Ah, d'accord ! Les prostituées qui stationnent ou déambulent et donnent une mauvaise image à notre ville ?

Non ?

Bon sang, mais, c'est bien sûr : Les tables et chaises, terrasses sauvages des restaurants qui obligent à slalomer, rentrer le ventre, se faufiler pour seulement marcher.

Non ?

Dernière chance : Les papiers par terre, les ordures, les containers d'ordures ?

Vous n'y êtes pas !
Voilà :

Aujourd'hui, en effet, il faut slalomer dans nos rues, du trottoir de gauche au trottoir de droite sans arrêt.
Parce que des gens ont pris l'habitude de se grouper devant un immeuble pour fumer en groupe. Une vraie partouze de cigarettes. Cette activité, visiblement, ne se pratique pas seul, rarement à deux.
A certaines heures, si on n'y prend garde, on croise le nuage de Tchernobyl tous les 30 mètres. Et c'est très bien étudié ; jamais du même côté. Pour parcourir une rue de 200 mètres, vous en faites 300 et y passer 20 minutes sans compter les efforts de retenue de respiration, d'expiration à contre temps, de pincement de nez et de méditation pour chasser la vulgarité enregistrée par le cerveau au vu de cette activité.
Marcher en ville devient extrêmement dangereux.

Intolérant. Il paraît que c'est ça que je suis, intolérant.
Vous imaginez, sans peine, la difficulté que j'ai à le comprendre.
Notre société est le royaume du fumeur. Au lieu d'être l'inverse.
Mais, me direz-vous, c'est normal qu'on materne nos malades.
Je pense qu'il serait plus respectueux pour eux de les rendre responsables et autonomes.

Mais, non, je ne suis pas en colère.
Mais, il m'arrive aussi d'aimer pisser dans les violons.

Rendez-nous nos trottoirs !