Je n'ai quasiment pas de souvenirs de Tante Yvonne. Sans la télé, c'était difficile.
Claude, elle, quelques bribes de Delon, d'affaires douteuses aux sonorités yougoslaves, de grande bourgeoise sèche et peu souriante. Mais, je me trompe peut-être.
Anne-Aymone, je suis sûr que c'était au XIXème siècle. On ne peut pas pire. Un vase.
Danielle, ce fut autre chose. Une emmerdeuse digne et forte. La meilleure. Partageuse en plus et pas rancunière.
Bernadette ? Il parait que certains l'aimaient. Je ne parviens pas à le croire. Rien. Je n'ai jamais rien trouvé à cette femme. Ni sympathie, ni réelle antipathie. Une fausse modernité, une vraie condescendance. Une pièce jaune, pas plus.
Cécilia est déjà en vacances. A nous Brégançon ! Je crois que lui, il va en baver. Plus ambitieuse encore que lui et sans foi ni loi. Mais... pas de procès d'intentions. J'attends.

Je pense aussi à Sylviane et Michèle, deux intellos trop fortes pour leurs maris sympas.
Aujourd'hui, j'ai vu Pénélope avec un look "de gauche", bizarre.

Et surtout. Et c'est là où je voulais en venir, j'ai découvert MARIE-LAURE.
Vous l'avez vue ?

Grande, longiligne, malingre, visage ouvert, souriante, zen et joyeuse.
Vraiment très sympathique. Une enfant en récréation.

Vous voulez l'adresse de son couturier ? Pas moi.
La veste blanche avec des "ciao" et autres "good bye" déclinés dans toutes les langues sur des rectangles bleus. Il fallait oser.
Le pantalon souple et ample qui ramasse la poussière. C'est une trouvaille.

Et pourtant, tout ceci l'a amenée à se faire remarquer (il était temps) et à m'inspirer mon article du jour.

A l'aller, face caméra, elle ouvre grand les bras à la manière de Shiva.
Au retour, elle salue, mains jointes devant le visage et léger basculement du buste, à l'indienne.
Encore un peu et cette femme  se mettait en lévitation.
Mon écran de télévision s'est éclairé d'un seul coup sans intervention télécommandée.

Chapeau bas, Madame de Villepin. (pour le couturier, on ne peut vraiment rien faire ?)