Claudiogène

Ambition : Passionneur

20 novembre 2007

Une analyse

Il s’agit ici de décortiquer l’expérience personnelle racontée hier dans la rubrique [AutoBio]

Si nous restions dans la ré-action simpliste et primaire, disons-le tout de suite, la plus communément répandue, il suffirait de dire qu’une méchante chef de service soutenue par une méchante Direction méprise et terrorise de petites gens obligées de subir pour survivre.

Un peu facile et caricatural.

Il y a trois participants également responsables de la situation : les employés, la chef et la Direction.
Le point faible et commun de ces trois acteurs, c’est la faiblesse, et si on veut être plus sévère,
la lâcheté.

Et pourquoi, et comment est-il possible que Tous les éléments aient cette même caractéristique ?
Parce que l’entreprise est assez ancienne pour avoir, sans effort et naturellement fait fuir tous les plus, disons, courageux, au moins cohérents. (Une sorte de Principe de Peter à l’échelle des groupes).
Les téléphonistes les moins malléables partaient d’elles-mêmes bien avant d’être éliminées.
Là, comme ailleurs et souvent, la compétence n’est pas le critère de sélection.

Les chefs de service plus modernes ou plus progressistes se cassaient vite les dents face à cette Germinalisation des rapports humains.
Les Directeurs potentiels étaient modelés bien en amont.

Où, je veux en venir ?
Je veux en venir à mon dada, que ceux qui visitent régulièrement ce blog, connaissent :
L’addition des résistances individuelles est la seule voie possible.
Sans victimes consentantes, point de bourreau.

Tout le monde est intimement perdant dans ces situations.
Personne ne peut avoir assez d’estime pour soi quand il adopte des comportements aussi peu humains et constructifs.

Je ne scinde donc pas les camps en Salarié/Patron, Employé/Chef, comme les syndicats, en Pauvre/Nanti, mais bien en lâches ou pas.
Ici, ceux qui restent sont du même côté de la barrière.

Ce que je crois…
C’est que chacun est capable de mieux.

L’employé est capable de comprendre qu’il est inacceptable de se faire traiter de la sorte et en résistant faire bouger les choses.
L’encadrement est capable de comprendre qu’il existe au 21ème siècle des méthodes de management plus efficaces et plus humaines qui le feront dormir tranquille.
La Direction est capable de comprendre qu’elle fera gagner l’entreprise en construisant l’harmonie plutôt que le rapport de force, la défiance et la peur.

Je n’invente rien bien sûr, mais toutes ces techniques sont déjà enseignées dans les écoles. On y donne même des cours d’éthique. (Alors que chez les syndicats on donne des cours de mise en place d'un rapport de force et en plus on le dit. Autre sujet)
Pourquoi n’arrivent-elles pas sur le terrain. Encore une fois faiblesse et facilité s’invitent dans le jeu et s’il n’y a pas Résistance systématique donc individuelle, rien n’est possible.

En conclusion, je répète que la responsabilité du gâchis revient à la lâcheté et à la faiblesse que chacun accepte d’avoir.
Il suffirait seulement que chacun soit cohérent entre son discours et son action, sa pensée et sa parole et tout irait mieux.

La peur rend faible et lâche. Chacun a en lui les ressources nécessaires pour vaincre sa peur et VIVRE DEBOUT.

Posté par claudiogene à 00:01 - Humain - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Je suis perplexe!

En grève, j'ai fait une mise à jour du site de l'école; une enseignante gréviste qui travaille chez elle, ça t'épate? Je crois que nous sommes nombreux pourtant!
http://www.ac-versailles.fr/etabliss/ec-brassens-megrine-tunisie/

Posté par mcbarbara, 20 novembre 2007 à 19:39

Oui mais non

Voici mon avis que je partage :-)
D'accord avec ton analyse. D'accord en théorie. Moins d'accord en pratique.
je pense que tout le monde n'est pas capable ou en capacité de faire fi de ses peurs et / ou de sa lâcheté, pour reprendre tes mots.
Je pense aussi qu'il ne faut pas être "jugeant".
Certains auront besoin d'accompagnement pour prendre conscience. D'autres suivront toujours le groupe. D'autres encore ceci. D'autres encore cela. Au bout du compte, ça doit bien faire une société :-)
Je pense d'ailleurs que plein de gens n'acceptent pas tant que ça leur situation mais ils ont dressé tant de frontières entre eux et eux que manquent l'envie, l'énergie, le possible et parfois tout cela en même temps.
Oui tout le monde à les ressources.
Non tout le monde ne les a pas...

Posté par Didier, 20 novembre 2007 à 21:38

On dit : "Tout le monde "aux" ressources" (pas à les...)
Comme on dit "Aux armes citoyens"
Donc
Tout est possible

Posté par Claudiogène, 20 novembre 2007 à 22:14

Je passe par la mettre mon grain de sel :)

Ben... J'adore votre blog... et je deteste cet article!!

Ben oui, on a l'impression de lire la brochure d'un de ces trucs qui vous disent de pas déprimer parce que IL SUFFIT DE LE VOULOIR, ou alors qu'on peut tomber amoureux SI ON Y CROIT VRAIMENT.

Vous dites qu'il ne faut pas rester dans la réaction simpliste et primaire.

Et bien justement, ici, on y est!

Malheureusement (en fait non, heureusement!) l'esprit humain et les gens en général ne se résument pas à des slogans psychologiques inadaptés aux réalités!

Et puis un tel discours peut être un peu choquant. Il pourrait signifier en allant un peu loin j'en convient, que les gens qui subissent l'oppression quelle qu'elle soit, sont des laches. Désolée, mais moi, ça me révolte!

Posté par marion, 20 novembre 2007 à 22:49

Grain de self-control

Ce n'est pas le fait de subir l'oppression qui peut être défini comme lâcheté, Marion, mais bien le fait de l'accepter.
(Prenons lâcheté au sens juste de manque de courage sans y ajouter des connotations insultantes)
Bien entendu, c'est lorsque de son point de vue, "on subit" et qu'on ne fait rien pour changer une situation, sinon, tout va bien, il y a cohérence. Il est des gens fatalistes, opprimés, selon nous seulement, qui sont très heureux.

Je pense que c'est respecter les autres que de penser qu'ils ont au moins les mêmes potentiels que soi. Dans le cas contraire, c'est les rabaisser.

Encore une fois quand personne ne se plaint, tout est pour le mieux...

Posté par Claudiogène, 21 novembre 2007 à 06:40

Une (autre) contribution

La lecture de ce billet m'a inspiré l'écoute d'une chanson. Comme je crois savoir, cher Claudio, que tu aimes mieux lire les chansons, en voici les paroles. C'est signé La Tordue. Ca s'intitule les bourreaux. Et ça dit ceci :
les bourreaux ni des martiens
les bourreaux ni des animaux
les bourreaux sont des humains
les bourreaux font de vieux os

les bourreaux s’font pas d'mouron
les bourreaux se lavent les mains
les bourreaux rentr'à la maison
les bourreaux après l’turbin

les bourreaux de la vindicte
les bourreaux de la sentence
les bourreaux ne sont qu’la suite
les bourreaux suivent les instances
les bourreaux des p’tits bourreaux
chefs de bureau
des grands gourous
les bourreaux chefs de bourreaux

les bourreaux savent trier dit-on
l’ivraie du bon grain
les bourreaux d’un coup d'tampon
te remplissent un train

les bourreaux bourreaux d’enfants
les bourreaux enfants d'bourreaux
les bourreaux serrent les dents
les bourreaux abattent du boulot

les bourreaux suiv' à la lettre
les éminences grises
les bourreaux changent de tête
comme de chemise


les bourreaux pour oublier
boivent du houblon
les bourreaux faut pas pousser
parfois pèt’un plomb

les bourreaux te pass' à l’écrou
les bourreaux serrent les boulons
les bourreaux sont pas des loups
sont des moutons

les bourreaux quand sonne l’heure
de leur belle mort
les bourreaux dans leur lit meurent
sans remords

les bourreaux pourquoi pas d’venir
bourreau c’est l’av’nir
faudra bientôt
des bourreaux
d'bourreaux
les bourreaux ni des martiens
les bourreaux ni des animaux
les bourreaux sont des humains
les bourreaux font de vieux os...

Posté par Didier, 21 novembre 2007 à 08:35

Cette chanson est sympathique
Même s'il y manque la musique
Elle enrichit mon analyse.
Aux bourreaux ne laissons pas prise !
Ils se verront l'obligation
De s'offrir une reconversion
Quand plus personne, j'trouve pas la rime
N'acceptera d'être victime

Posté par Claudiogène, 21 novembre 2007 à 08:45

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