Mais, quelle tristesse !
Tout le monde s’y met !
Les blogueurs, même les sympathiques. Les journaux, même les sérieux. Les amis, même les intelligents.

C’est révélateur de quoi ? De médiocrité généralisée ? De méchanceté décomplexée ? De dépression nationale ? D’ennui occidental ? De jalousie inavouable ?

Tout le monde s’y met !

Je ne vous laisse pas attendre plus longtemps, je ne tiens pas à vous énerver.
Je veux parler de cette chasse à l’homme, cet antisarkozisme primaire.
Cela me semble prendre des proportions indécentes et, je pèse mes mots, écœurantes.
Avant d’avoir des opinions politiques, je respecte les êtres humains par-dessus tout. Un homme est un homme. Et rien ne justifie tout ce que j’entends.

Tout le monde s’y met !

Les journalistes qui, quand ils ne sont pas des courtisans, se sentent obligés d’être des paparazzi. En d’autres temps, dans mon camp, on traitait de fouilles-merde les journalistes qui s’abaissaient au niveau du caniveau et aujourd’hui, on ose dire, dans mon camp, que ça se justifie parce que ça engage la France. (Les frasques des anciens présidents n’ont pas plus mis en danger la France, qu’un SMS personnel. En revanche, révéler un SMS personnel dans un journal dit sérieux, laisse entendre que ce serait grave et hop voilà que tout prend de l’ampleur)

L'opposant politique qui démarre au quart de tour et qui, au lieu de discuter sereinement, s'accroche à la moindre aspérité.

Le blogueur ordinaire qui affiche des valeurs humanistes en s’apitoyant sur la myopathie, se croit obligé de faire circuler des blagues visant le physique ou les mœurs de quelqu’un sous prétexte qu’il est Président de la République. Ce faisant, il ne se sent même pas en contradiction. (Un Président ou un myopate, c'est mon prochain au même titre)

Le collègue de bureau qui trouve de bon ton de ricaner sur des talonnettes ou sur des montres qu’il aimerait bien porter.

Le voisin de palier, qui, pour être dans l’vent, n’hésite pas à rejoindre la meute des loups.

Tout le monde s’y met, vous dis-je. Et nous ne sommes pas dans la bouffonnerie saine mais bien dans l'attaque à la personne.

Et tout ça, avec la belle hypocrisie de ceux qui reportent la responsabilité sur l’autre, ceux qui trouvent toujours des causes extérieures à ces "légitimes" conséquences.
La faiblesse, Madame, la faiblesse d’esprit.  Ressaisissez-vous ! C’est souvent le commentaire qui envenime plus que le déclencheur, et la tâche d’huile s'étend.
Quelle tristesse, tous ces donneurs de leçons, pseudos-intellos, ouvriers, piliers de comptoirs, commun des mortels, qui sauraient, c’est sûr, bien mieux diriger la France que ce Président (qui n’a pas pris le pouvoir suite à un putsch que je sache)
Et tous à écrire des articles, à faire des émissions, à déclencher des conversations, pour se plaindre qu’on ne parle que de Sarkozy ! Beau délire ! Leurs plaintes sont bien plus omniprésentes que leur sujet.
Et tous à chercher la petite bête, la faille où s’engouffrer, pas du tout pour aider la France, non, juste pour faire échouer l’autre.
Ils préfèrent qu’on s’enfonce pendant cinq ans plutôt que de le voir réussir.

Que notre Président ou Tartempion s'alignent des Rolex des poignets jusqu'aux aisselles, qu'ils se marient ou pas, dans un palais ou sous un pont, qu'ils envoient des SMS à la reine d'Angleterre ou à leur chien, devant le Pape ou assis aux toilettes,  ne me fait ni chaud, ni froid, et ne change rien à mon quotidien. Mon bonheur dépend d'autre chose. (Mon confort, je m'en arrange)

Il y a des gens dans ce pays qui souffrent et qui ne pourront pas attendre cinq ans pour qu’enfin des réformes soient faites, pour qu’enfin cette chape de béton qui empêche tout changement parce que des privilégiés ne veulent pas partager, se fendille, pour qu’on puisse laisser s’exprimer le dynamisme, la créativité, les potentiels qui existent et qui sont étouffés parce qu’on fait des guéguerres minables au lieu de construire.

Et le Président se serait appelé Royal ou Bayrou, c’est cette même indignation que vous auriez lue, ici.
Oh ! Je suis comme vous, certaines choses ne me plaisent pas, mais, parce qu’on n’est pas d’accord, il faudrait faire du minable et du grotesque en accusant les autres de faire du minable et du grotesque. C’est ridicule.
Les mêmes qui demandent du sérieux créent du spectacle, du show, en pointant du doigt des choses qui n’auraient pas d’existence s’ils n’y déversaient leur révélateur.

La gauche avait déjà fait élire Sarkozy en le critiquant de façon primaire et ceux qui me connaissent savent à quel point je leur en veux.
Aujourd’hui, le hurlement des loups et le suivisme des moutons vont-ils   aller jusqu’à faire perdre la France ?

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Nouvel arrivage au "Rayon Frais"