Nous sommes deux amis. Nous sommes samedi. Nous courons sur la Promenade.
Comme à chaque fois, nous ne parlons pas en courant, nous courons en parlant.
Lui dit qu'il est de Gauche. Moi aussi, je dis que je suis de Gauche.
Au fond de moi, je pense  que c'est un Gauchiste, mais que ça lui passera.
Au fond de lui, il pense que je suis un Centriste qui file à toute vitesse vers la Droite.
Je crois qu'il est plus agacé par ce constat, que moi.
Au moment, où je réaffirme que je suis de Gauche, nous croisons Max Gallo sur la Prom'.
- Tu veux qu'on demande à Monsieur Gallo si je suis de Gauche ?
Nous n'avons pas osé.
Le cheminement de l'écrivain ne m'est pas inconnu et le débat aurait pu être très intéressant.
Un peu plus tôt, une crotte de chien avait croisé la semelle de la chaussure de mon ami. Il était, on le comprend, moins disposé aux échanges qui suivirent.
Et qu'on n'aille pas lui dire que ça porte bonheur !
La chaussure souillée était de Droite. Tout va bien.



Le feu rouge m'oblige à stopper le scooter. Pendant l'attente, le regard fait son travail de regard et scrute tout ce qui entoure le carrefour.
Sur la droite, une femme attend pour traverser la rue perpendiculaire à la mienne. Je détaille ses vêtements.
Je demande à ma tendre et chère passagère :
- C'est pas un peu ringard ces jupes longues à panneaux ? C'est vieillot ou ça revient à la mode ?
- Non. Je crois que ça revient.
La spécialiste a parlé. Elle a toute ma confiance.
La piétonne n'est donc pas ringarde.
Elle attaque le passage piétons en même temps que le scooter part en sens inverse. C'est à ce moment précis que je crie :
- Mais... c'est Nathalie !
C'était Nathalie. Je l'avais vue ringarde, elle était à la mode... (voilà matière à extrapolation)




L'une des deux permanences de mon candidat aux Municipales est vacante.
Qui croyez-vous qui investit les lieux ? Une agence de communication dirigée par un soutien très éphémère à ce même candidat. Trop marrant, dirait un enfant.
Leurs histoires les regardent mais je ne peux m'empêcher de chercher le sens caché.
Parce que le hasard, c'est sûr, ça n'existe pas.
(Un petit salut à l'ancien et au nouveau locataires. L'honnêteté m'oblige à préciser que le premier salut est plus appuyé que le second)



Je chemine le long des étals du marché de Libération. C'est dimanche. Il fait beau. Il fait bon. Nous n'y venons que de temps en temps, c'est assez loin de la maison. Mais là, c'est magnifique. Pas de touristes ou si peu. La vraie population Niçoise, mélangée, vivante, gaie, populaire.
Au moment, où je répète à ma tendre et chère, comme à chaque fois, "j'adore ce marché", une femme tirant sur la laisse de son chien peste "je déteste ce marché", juste en même temps. Son regard me fusille mais je survis, je souris ; Elle tire plus fort sur le chien comme pour cacher le malaise de celle prise en flagrant délit de négativisme.
 
Je me souviens que ce marché nous avait rassurés lorsque nous arrivâmes à Nice. Nous avions même dit "Ouf ! Il y a aussi des arabes, ici". Un peu de chaleur familiale dans un monde nouveau, ça ne fait pas de mal.