Le désir

Le désir ? Un mot masculin qui cache bien son jeu.

La curiosité est peut-être de la famille ? Mère ou fille, ou les deux à la fois ? Et l’amour ? Un enfant difficile à comprendre, ou une grand-mère qu’on regrettera inévitablement ?

Pour Platon (ou quelque présocratique), il y a d’abord eu un être en forme de boule, évidemment parfait, qui roulait à l’aide de 4 bras et de 4 jambes, pour faire quoi, on ne sait pas trop. Mais il a fait un jour une connerie (air connu dans beaucoup de religions) et le dieu de service lui a filé un coup de hache qui l’a coupé en deux. Les deux morceaux sont devenus l’homme (la hache a du légèrement dévier) et la femme, qui depuis se cherchent, en quête d’une unité perdue.

J’ai demandé à des amis d’où venait le désir. Lui : c’est culturel, le désir des japonais emprunte d’autres voies que le nôtre. Elle : ça vient de l’âme et du cœur, ça remonte au père (j’ai eu peur mais elle s’est arrêtée là).

Roland Barthes qui a dit des tas de choses intéressantes sur la mode, surtout sur son fonctionnement, nous révèle les dessous culturels du désir, ainsi que les changements et les retours de manivelle qui peuvent intervenir, parfois rapidement. Les spécialistes de la mode essaient de la précéder et la créent moins souvent qu’on le pense. Ils n’existeraient pas, que nos désirs varieraient aussi. Et cela depuis bien avant le nez de cléopâtre. C’est un beau mystère.

Dans les couples, la prairie du voisin fait parfois davantage envie. Et inversement. Bizarre quand même. C’est vrai qu’il nous arrive de ne plus voir notre partenaire, à force de le côtoyer, et pourtant, le voisin lui voit des charmes que nous n’imaginons plus. Alors si au lieu de divorcer on s’achète des lunettes, comme le suggérait une publicité, nous revoyons parfois celle ou celui que nous avions perdu de vue.

Ces lunettes ne sont pas remboursées par la sécurité sociale, pour revenir à un précédent débat. Cette chute parce que je m’y perds. Et vous ?

Merci pour cette contribution Victor