21 avril 2008

Le sport et moi

Petit enfant pataud, gauche et pas bien dégourdi, tout mon corps semblait vouloir rester immobile.Ajoutons à ça, deux frères, l'aîné et le benjamin, espiègles, vifs, téméraires, insouciants qui me renvoyaient l'image du petit gros incapable. Finissons par dire que dès l'enfance, je n'avais aucun goût pour la compétition et pour le rapport de force.Et voilà, avec quoi j'allais devoir faire face à mon corps et au sport.A l'école, j'étais toujours le chouchou du prof de gym. Vous pensez, une telle application à bien faire et des... [Lire la suite]
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10 avril 2008

Pour la fin du monde...

Le boulevard de Courcelles est ensoleillé, la circulation dense et les robes légères. Les yeux des embouteillés ne savent plus où donner du regard et les torticolis guettent.Depuis la Porte de Champerret, je sens comme une excitation dans l'air. Paris est une ruche où toutes les femmes sont reines. Le monde, tout le monde a avalé la pilule du bonheur. Il flotte un parfum annonciateur de plaisirs orgiaques.Pourvu que le prochain feu soit rouge ! Pourvu que le prochain feu soit rouge ! Je pourrai voir traverser cette beauté sur... [Lire la suite]
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03 mars 2008

Mes 68

Mes 68 à moi, c'est avant tout Guy Périllat et Jean-Claude Killy. Je préférais le premier comme je préférais Poulidor à Anquetil. Oui. Les jeux olympiques de Grenoble, qui inauguraient la télévision que mon père avait achetée au marché, restent sur la première marche du podium de ma mémoire pour cette année-là.Tout était nouveau, le bobsleigh, le saut à ski, le biathlon, le patinage de vitesse. Voir une épreuve de patinage de vitesse, c'est euphorisant : des silhouettes racées, cassées en deux, bras dans le dos, qui se croisent sur... [Lire la suite]
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27 février 2008

Nous étions trop payés

Nous étions trop payés. C'était dit.La méthode de rémunération des commerciaux n'était pas au point. La naïveté et la méconnaissance des systèmes de commissions avaient fait faire des bêtises à la direction de cette entreprise de l'économie sociale qui voulait rivaliser avec le secteur marchand. Les salaires des cinq conseillers commençaient à flirter avec ceux des chefs et cela devait cesser de toute urgence. De plus, les employés en question parvenaient à des résultats corrects dans des conditions d'éthique irréprochables et de... [Lire la suite]
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19 février 2008

"La Galaxie des Ecrivains"

"La Galaxie des Ecrivains", c’était le nom de l’association littéraire que nous avions créée. Nous avions publié des poèmes de jeunesse à compte d’auteur, et y avions, comme tout le monde,  laissé des plumes et des découverts. Mon ami avait eu l’idée de publications communes à plusieurs auteurs. Au lieu d’investir et d’enrichir tous seuls la maison d’édition, qui nous trouvait géniaux, plus précisément qui trouvait géniaux les milliers de Francs qu’on lui versait, nous allions demander une petite participation pour... [Lire la suite]
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13 février 2008

La base américaine

La guerre était finie depuis près de vingt ans. Plus de soldats allemands à l’horizon, mais, l’armée américaine était omniprésente.Nous habitions à quelques kilomètres de la base militaire américaine de Rocquencourt, Seine-et-Oise. Notre village, au bord de la Forêt de Marly-le Roi respirait bon la nature, mais, avec deux poumons bien différents.D’un côté, le golf de réputation internationale fournissait prestige à la commune et emplois aux travailleurs émigrés ; de l’autre, la base américaine alimentait les... [Lire la suite]
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01 février 2008

"La casa"

Depuis quatre ans déjà, nous avions une maison en dur. Nous l'appelions "la casa" forcément. Celle d'avant s'appelait "la carovana". Lorsque l'employeur de mon père décida de faire construire leurs propres maisons à ses ouvriers, cela tomba à pic, ma mère débutait sa quatrième grossesse. Il était temps. Le patron avait fait installer l'électricité et un robinet d'eau. Largement suffisant. Le luxe. Quatre ans de vie de pacha pour nous. Ni salle de bains, ni toilettes. Le bonheur et l'harmonie familiale étaient... [Lire la suite]
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15 janvier 2008

La camerata (la chambrée)

"La camerata", c'est ce lieu obscur, de jour comme de nuit, tout en haut d'un escalier raide et délabré. Ce n'est pas si loin de la maison, une cinquantaine de mètres ; cinquante mètres de Méditerranée.Cette chambrée abrite, entasse même, des dizaines d'ouvriers Algériens, Tunisiens, Marocains. Tous des hommes. Les Polonais sont plus loin. Les Italiens et les Espagnols en famille. Les Portugais au Portugal.Billancourt a de la main d'œuvre à disposition et tout est parfaitement réglé. Les cars Renault ramassent à domicile.... [Lire la suite]
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10 janvier 2008

Un bouquet de tulipes jaunes

« Si je ne trouve pas à me garer tout de suite, je me mets n’importe où, c’est décidé ». Aussitôt dit, aussitôt fait. La voiture trouve sa place sur le trottoir du boulevard Ney, entre deux platanes et advienne que pourra. C’est que l’heure est grave. On m’a dit « Vas-y aujourd’hui, demain, c’est pas sûr que… »J’y suis. La peur au ventre, j’essaie de me décontracter en fredonnant «Bichat m’était alors inconnu, je n’y étais jamais venu... » C’est idiot et pourtant ça me réchauffe un peu. Dehors, il fait froid... [Lire la suite]
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25 décembre 2007

Le marchand de couleurs

C'est le début des années 60, en région parisienne. Ces travailleurs immigrés italiens ont de telles conditions de vie qu'ils partagent leurs masures avec des souris. L'un d'eux, appelons-le Papa, n'y tenant plus, décida d'aller dans une Droguerie-Bazar-Marchand de couleurs (Que c'est beau Marchand de couleurs !) pour y acheter un piège à souris. Son vocabulaire français étant très limité, il se dit qu'après tout, le nom de l'objet devait, comme c'était souvent le cas, être voisin de celui qu'il lui connaissait. Quelques... [Lire la suite]
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