Claudiogène

Ambition : Passionneur

19 avril 2008

Je cherche l'or du temps (Charles Dumont)

Je t'écoute parler et te trouve curieux
Ta façon de penser me semble un peu bizarre
Moi, j'épouse la vie, je l'accepte et c'est mieux
Toi, tu cherches toujours des sentiments trop rares
Mais tu ne peux nier que notre société
Est ainsi bien conçue et que l'argent fait vivre
Tout s'achète et se vend, le monde est ainsi fait
Mais toi tu n'auras rien parce que tu te veux libre

Je cherche l'or du temps, et tu ne comprends pas
Je cherche l'or du temps, et la beauté des choses
Une pierre de lune, un été qui s'en va
Le printemps qui revient, dans les plis d'une rose
Je cherche l'or du temps, et tu ne comprends pas

Moi, j'ai de bons amis, un chemin tout tracé
Une femme, un enfant et malgré quelques traites
J'ai un budget réglé ma maison est payée
Et dans quelques années, je serai en retraite
Quand nous étions enfants tu étais tout pareil
Je me souviens de toi, de tes idées étranges
Tu jouais sous la pluie a faire du soleil
Tu disais sans arrêt qu'il fallait que tout change

Je cherche l'or du temps, et tu ne comprends pas
Je cherche l'or du temps, et la beauté des choses
Une ville dorée, qui se dresserait la
Une grande amitié, pour une noble cause
Je cherche l'or du temps, et tu ne comprends pas

Tu improvises trop et fais de l'existence
Une course au trésor qui ne finira pas
Tu n'es qu'un marginal, un homme en transhumance
Un poète un peu fou qui méprise les lois
Le temps, lui, te battra et quand tu seras vieux
Tu seras sans recours toutes amitiés cessantes
Il ne restera rien de tout ce merveilleux
Dont tu pares ta vie et qui parfois me hante

Je cherche l'or du temps, et tu ne comprends pas
Je cherche où est la vie, et en quoi il faut croire
Les hommes magiciens, les voix de l'au-delà
Les raisons de l'amour, les ombres de l'histoire

Je cherche l'or du temps, et tu ne comprends pas
Je cherche l'or du temps, lui seul compte pour moi

Autre chose : un article que j'ai commenté hier. Il y a à dire pour tous.

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29 mars 2008

ça n'se voit pas du tout (Anne Sylvestre)

Les enfants des chômeurs
Des sans-abris, des RMistes
Reçoivent le meilleur
De ce qui passe sur nos listes
Couverts de pied en cap
De vêtements des grandes marques
Fini le handicap
Et bien malin qui les remarque
Ca gêne beaucoup moins
Et quand ils se lavent les mains
Je vous jure, on s'y tromperait
On dirait des enfants, des vrais
 
Ça n'se voit pas du tout, pas du tout
Ça n'se voit pas du tout
 
Ces gens dans le métro
Qui nous imposent leur musique
Ou ceux qui parlent trop
En recherchant le pathétique
Jamais vous ne croiriez
Qu'ils sont vraiment ce qu'ils prétendent
Ils sont bien habillés
Y en a qui sentent la lavande
Leur faire la charité
Moi, j'aurais peur de les vexer
Entre nous, et bien franchement
Ils sont pauvres ou ils font semblant ?
 
Ça n'se voit pas du tout, pas du tout
Ça n'se voit pas du tout
 
Mon épicier m'a dit
Qu'autrefois dans le voisinage
Il y avait des taudis
Qui déparaient le paysage
Il devait s'y passer
Les choses que l'on imagine
On ne pouvait laisser
Proliférer cette vermine
On les a remplacés
Par des immeubles policés
Ce qu'on a fait des habitants ?
Ils sont relogés depuis longtemps
 
Ça n'se voit pas du tout, pas du tout
Ça n'se voit pas du tout
 
Quand ma fille a fauté
J'ai failli la mettre à la porte
Mais j'étais révoltée
A la seule idée qu'elle avorte
Il y a des endroits
Où on peut arranger les choses
Et tout le monde croit
Qu'en ce moment elle se repose
Elle a eu son bébé
Il était bien un peu foncé
Mais tout de même assez mignon
Ça sera mieux pour l'adoption
 
Ça n'se voit pas du tout, pas du tout
Ça n'se voit pas du tout
 
Mon fils qui est très beau
Va bien se décider, j'espère
A reprendre le flambeau
De la famille et des affaires
Il n'a pas l'air pressé
De rechercher le mariage
J'ai beau lui présenter
Des jeunes filles de son âge
Il n'y a que des garçons
Qui viennent le voir à la maison
Mais s'il avait des goûts pervers
Je le saurais, je suis sa mère
 
Ça n'se voit pas du tout, pas du tout
Ça n'se voit pas du tout
 
Je suis sollicitée
Par les œuvres de la paroisse
Je suis trop occupée
Pour éprouver la moindre angoisse
Je me lève très tôt
Pour attraper la première messe
Puis dans les hôpitaux
Je vais secourir les détresses
Oui, j'aime mon prochain
Et je m'applique à faire le bien
Car j'ai un cœur très généreux
Mais j'ai l'impression, c'est curieux
 
Ça n'se voit pas du tout, pas du tout

Ça n'se voit pas du tout

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22 mars 2008

Prévert, de mémoire, comme ça vient

Assis près du lit défait l’enfant du défunt près de feu son père feint de faire du feu.
L’amiral Larima La rime à quoi La rime à rien L’amiral Larima L’amiral Rien
Une fille de seize ans Place de la Concorde à midi le quinze août
Disait le père d’une voix courroucée à son fils Prosper sous l’armoire allongé
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan ! C’est la meute des honnêtes gens qui fait la chasse à l’enfant.
La saison des pluies est finie, la saison des pluie recommence
Il y en a partout, le long du débarcadère ou bien dans les couloirs du ventre de leur mère
On croit que c’est facile de ne rien faire du tout Au fond c’est difficile, c’est difficile comme tout Il faut passer le temps, c’est tout un travail Il faut passer le temps c’est un travail de titan.
Quelle bande de ons dit le garde-barrière !
Boulevard des Italiens j’ai rencontré un Espagnol. Encore un sale youpin qui vient manger notre pain dit un monsieur très bien.
Quel bordel, Madame Adèle ! Quel boxon Monsieur Léon !
L’âne, le roi et moi, nous serons morts demain L’âne de faim, le roi d’ennui et moi d’amour Au mois de mai.
Non l’effort humain n’est pas ce beau jeune homme debout sur sa jambe de plâtre et qui attend.
Debout devant le zinc sur le coup de cinq heures un grand plombier zingueur habillé en dimanche et pourtant c’est lundi chante pour lui tout seul chante que c’est jeudi
Démons et merveilles, vents et marées Au loin déjà la mer s’est retirée.
Barnabé, je vous mets à l’index !
Il est terrible le petit bruit de l’œuf dur sur un comptoir d’étain Il est terrible ce bruit quand il remue dans la mémoire de l’homme qui a faim
Café-crème, café-crème, café crime arrosé sang.
Debout les morts, et à la douche ! Nous voulons des cadavres propres.
Alors, on ne salue plus à demander le commandant. Non, on ne salue plus a répondu l’oiseau. Ah bon ! Excusez-moi, je croyais qu’on saluait.
Il ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec les allumettes Car Messssssieurs quand on le laisse seul, le monde mental ment monumentalement.

J'espère n'avoir pas fait trop d'erreurs. Je regretterai sans doute d'en avoir oublié.

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15 mars 2008

Il y avait une ville (Nougaro)

Que se passe-t-il?
J'n'y comprends rien
Y avait une ville
Et y a plus rien
 
Je m'souviens que j'marchais
Que j'marchais dans une rue
Au milieu d'la cohue
Sous un joyeux soleil de mai
C'était plein de couleurs
De mouvements et de bruits
Une fille m'a souri
Et je m'souviens que j'la suivais
 
Je la suivais
Sous le joyeux soleil de mai
Chemin faisant j'imaginais
Un mot gentil pour l'aborder
Et puis voici
Que dans le ciel bleu de midi
De plus en plus fort j'entendis
Comme arrivant de l'infini
Ce drôle de bruit
Ce drôle de bruit
 
Je m'souviens que les gens
S'arrêtèrent de marcher
Et d'un air étonné
Tout le monde a levé le nez
Vers le ciel angélique
Couleur de paradis
D'où sortait cette musique
Comme accordée sur l'infini
 
C'était étrange
Est-ce qu'il allait neiger des anges
Les gens guettaient dans un mélange
D'inquiétude et d'amusement
Et brusquement
Il y eut un éclair aveuglant
Et dans un souffle incandescent
Les murs se mirent à trembler
 
Que s'est-il passé?
J'y comprends rien
Y avait une ville
Et y a plus rien
 
Y a plus rien qu'un désert
De gravats, de poussière
Qu'un silence à hurler
A la place où il y avait
Une ville qui battait
Comme un cœur prodigieux
Une fille dont les yeux
Etaient pleins du soleil de mai
 
Mon Dieu, mon Dieu
Faites que ce soit
Un mauvais rêve
Réveillez-moi
Réveillez-moi
Réveillez-moi

Pour écouter

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10 mars 2008

Histoire de faussaire (Brassens)

Se découpant sur champ d'azur
La ferme était fausse bien sûr,
Et le chaume servant de toit
Synthétique comme il se doit.
 
Au bout d'une allée de faux buis,
On apercevait un faux puits
Du fond duquel la vérité
N'avait jamais dû remonter.
 
Et la maîtresse de céans
Dans un habit, ma foi, seyant
De fermière de comédie
A ma rencontre descendit,
Et mon petit bouquet, soudain,
Parut terne dans ce jardin
Près des massifs de fausses fleurs
Offrant les plus vives couleurs.
 
Ayant foulé le faux gazon,
Je la suivis dans la maison
Où brillait sans se consumer
Un genre de feu sans fumée.
 
Face au faux buffet Henri deux,
Alignés sur les rayons de
La bibliothèque en faux bois,
Faux bouquins achetés au poids.
 
Faux Aubusson, fausses armures,
Faux tableaux de maîtres au mur,
Fausses perles et faux bijoux
Faux grains de beauté sur les joues,
Faux ongles au bout des menottes,
Piano jouant des fausses notes
Avec des touches ne devant
Pas leur ivoire aux éléphants.
 
Aux lueurs des fausses chandelles
Enlevant ses fausses dentelles,
Elle a dit, mais ce n'était pas
Sûr, tu es mon premier faux pas.
 
Fausse vierge, fausse pudeur,
Fausse fièvre, simulateurs,
Ces anges artificiels
Venus d'un faux septième ciel.
 
La seule chose un peu sincère
Dans cette histoire de faussaire
Et contre laquelle il ne faut
Peut-être pas s'inscrire en faux,
C'est mon penchant pour elle et mon
Gros point du côté du poumon
Quand amoureuse elle tomba
D'un vrai marquis de Carabas.
 
En l'occurrence Cupidon
Se conduisit en faux-jeton,
En véritable faux témoin,
Et Vénus aussi, néanmoins
Ce serait sans doute mentir
Par omission de ne pas dire
Que je leur dois quand même une heure
Authentique de vrai bonheur.

Pour écouter
 

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01 mars 2008

Des produits Bio (sans modération)

Il s'appelle Ségurano (je sais pourquoi mais ne vous le dirai pas)
Au milieu d'articles politiques et de revues de presse bien documentées, il écrit des textes très humanistes sur le blog Radioscopies.
Je vous y ai déjà envoyés, mais je ne me lasse pas de radoter à ce sujet.

Retournez-y, s'il-vous-plait. Pas pour lui, POUR VOUS.
Je vous mets quelques liens ci-dessous.
Mais surtout, vous ne pouvez pas rater les 4 derniers paragraphes du "coupe papier".

La bugada
Le monument aux morts
Le coupe papier
Un parfum...
Les Bains-Douches
C'était un dimanche
Amen
Les parpaings de la honte

Merci pour ces bijoux de lectures.
Un seul reproche : Difficile d'écrire quoi que ce soit après.
Amitiés.

Autre chose : le musée Masséna à Nice ouvre ses portes aujourd'hui... et moi qui croyais que sa fonction c'était d'être en travaux.

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23 février 2008

Ils ont voté (L. Ferré)

A porter ma vie sur mon dos
J'ai déjà mis cinquante berges
Sans être un saint ni un salaud
Je ne vaux pas le moindre cierge
Marie, maman, voilà ton fils
Qu'on crucifie sur des affiches
Un doigt de scotch et un gin-fizz
Et tout le reste je m'en fiche !
Ils ont voté et puis, après ?
 
J'ai la mémoire hémiplégique
Et les souvenirs éborgnés
Quand je me souviens de la trique
Il ne m'en vient que la moitié
Et vous voudriez que je cherche
La moitié d'un cul à botter ?
En ces temps on ne voit pas lerche...
Ils n'ont même plus de cul, les français !
Ils ont voté et puis, après ?
 
C'est un pays qui me débecte
Pas moyen de se faire Anglais
Ou Suisse ou con ou bien insecte
Partout ils sont confédérés,
Faut les voir à la télé-urne
Avec le général Frappard
Et leur bulletin dans les burnes
Et le mépris dans un placard !
Ils ont voté et puis, après?
 
Dans une France socialiste
Je mettrais ces fumiers debout
A fumer le scrutin de liste
Jusqu'au mégot de mon dégoût
Et puis assis sur une chaise
Un ordinateur dans le gosier
Ils chanteraient La Marseillaise
Avec des cartes perforées
Le jour de gloire est arrivé.

(chanson de 1968. Plus tard, en public, les adaptations sont  parfois comiques)

Ecouter


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16 février 2008

A propos du bonheur

Mes préférés sont en gras :

"Si tu veux comprendre le mot bonheur, il faut l'entendre comme récompense et non comme but" - Antoine de Saint-Exupéry

"Le bonheur n'est pas le but mais le moyen de la vie" - Paul Claudel

"Les hommes ne veulent pas construire leur bonheur, ils veulent seulement réduire leur malheur" - Bernard Werber

"Si on ne voulait qu'être heureux, cela serait bientôt fait. Mais on veut être plus heureux que les autres, et cela est presque toujours difficile parce que nous croyons les autres plus heureux qu'ils ne sont" - Montesquieu

"Tous les hommes font la même erreur, de s'imaginer que bonheur veut dire que tous les voeux se réalisent" - Léon Tolstoï

"Qu'est-ce que le bonheur sinon l'accord vrai entre un homme et l'existence qu'il mène ?" - Albert Camus

"Il faut beaucoup de courage pour oser être heureux pleinement. Il est plus facile, mais plus lâche, de se contenter d'un petit bonheur routinier que rien ne vient déranger" - Marcelle Bourgault

"Trois choses pour être heureux : le corps sain, l'esprit libre et le cœur pur" - Jean Domat

"J'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé !" - Voltaire

"Le non-jugement n'est pas une règle morale, mais un des principes du bonheur" - Olivier Lockert

"Le bonheur c'est lorsque vos actes sont en accord avec vos paroles" - Gandhi

"Le plus grand secret pour le bonheur, c'est d'être bien avec soi" - Bernard Fontenelle

"La vie n'est pas toujours ce qu'on espérait, mais en tirer le meilleur parti est la seule manière d'être heureux" - Jennie Jerome Churchill

"Le bonheur est une décision que nous prenons d'être heureux quoi qu'il arrive" - André Maurois

"Le bonheur vient de l'attention prêtée aux petites choses, et le malheur de la négligence des petites choses" - Proverbe chinois

"Il est un seul moyen d'atteindre au bonheur : ne plus se soucier de ce qui échappe à notre volonté" - Epictète

"L'essence de la philosophie est qu'un homme devrait vivre de manière à ce que son bonheur dépende aussi peu que possible de causes extérieures" - Epictète

"Le bonheur, on ne le trouve pas, on le fait. Le bonheur ne dépend pas de ce qui nous manque, mais de la façon dont nous nous servons de ce que nous avons" - Arnaud Desjardins

"Le bonheur, c'est de continuer à désirer ce qu'on possède" - Saint Augustin

"C'est là qu'est le secret du bonheur et de la vertu : aimer ce qu'on est obligé de faire" - Aldous Huxley

"Bonheur : faire ce que l'on veut et vouloir ce que l'on fait" - Françoise Giroud

"Rêves ta vie en couleur, c'est le secret du bonheur" - Walt Disney

"Le bonheur est un rêve d'enfant réalisé dans l'âge adulte" - Sigmund Freud

"Si je devais revivre ma vie, je me donnerais comme règle de lire de la poésie et d'écouter de la musique au moins une fois par semaine, car ainsi, peut-être qu'une partie de mon cerveau qui est atrophiée serait resté active. La perte de ces goûts, c'est du bonheur en moins et peut-être est-ce aussi néfaste pour l'intellect et sûrement pour le sens moral car la partie émotionnelle de notre nature en est diminuée" - Charles Darwin

"Tout le bonheur du monde est dans l'inattendu" - Jean d'Ormesson

"Pour être heureux, le mariage exige un continuel échange de transpirations !" - Napoléon Bonaparte

"Le bonheur, c'est le plaisir sans arrière-pensée" - Socrate

"Croyez pour être fort. Aimez pour être heureux" - Victor Hugo

"L'amour fait songer, vivre et croire. Il a pour réchauffer le coeur Un rayon de plus que la gloire Et ce rayon, c'est le bonheur" - Victor Hugo

"Le bonheur ou le malheur, à partir du moment où l'on possède de quoi se nourrir, se couvrir, se loger, on les porte en soi" - Henri Laborit

"Vous savez pourquoi l'argent ne fait pas le bonheur ? C'est parce que c'est le bonheur qui fait l'argent !" - Coluche

"La sensation d'être heureux ou malheureux dépend rarement de notre état dans l'absolu, mais de notre perception de la situation, de notre capacité à nous satisfaire de ce que nous avons" - Dalaï Lama

"Le bonheur est un idéal de l'imagination et non de la raison" - Emmanuel Kant

"Le bonheur ne vient pas à ceux qui l'attendent assis" - Baden-Powell

"Les graines de Bonheur ne poussent pas toutes seules. Alors, pensez à arroser votre jardin chaque jour" - Olivier Lockert

"Lorsque tu poursuivras ton bonheur, des portes s'ouvriront où tu ne pensais pas en trouver ; et où il n'y aurait pas de porte pour un autre" - Joseph Campbell

"La meilleure manière d'atteindre le bonheur est de le donner aux autres" - Baden-Powell

"On peut allumer des dizaines de bougies à partir d'une seule sans en abréger la vie. On ne diminue pas le bonheur en le partageant" - Bouddha

"Le bonheur est quelque chose qui se multiplie quand il se divise" - Paulo Coelho

"Manifester son bonheur est un devoir ; être ouvertement heureux donne aux autres la preuve que le bonheur est possible" - Albert Jacquard

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09 février 2008

Plume d'ange (Claude Nougaro)

Vous voyez cette plume ?
Eh bien, c'est une plume... d'ange
Mais rassurez-vous, je ne vous demande pas de me croire, je ne vous le demande plus.
Pourtant, écoutez encore une fois, une dernière fois, mon histoire.
Une nuit, je faisais un rêve désopilant quand je fus réveillé par un frisson de l'air.
J'ouvre les yeux, que vois-je ?
Dans l'obscurité de la chambre, des myriades d'étincelles... Elles s'en allaient rejoindre, par tourbillonnements magnétiques, un point situé devant mon lit.
Rapidement, de l'accumulation de ces flocons aimantés, phosphorescents, un corps se constituait.
Quand les derniers flocons eurent terminé leur course, un ange était là, devant moi, un ange réglementaire avec ses grands ailes de lait.
Comme une flèche d'un carquois, de son épaule il tire une plume, il me la tend et il me dit :
"C'est une plume d'ange. Je te la donne. Montre-la autour de toi.
Qu'un seul humain te croie et ce monde malheureux s'ouvrira au monde de la joie.
Qu'un seul humain te croie avec ta plume d'ange.
Adieu et souviens-toi : la foi est plus belle que Dieu. "

Et l'ange disparut laissant la plume entre mes doigts.
Dans le noir, je restai longtemps, illuminé, grelottant d'extase, lissant la plume, la respirant.
En ce temps-là, je vivais pour les seins somptueux d'une passion néfaste.
J'allume, je la réveille :

"Mon amour, mon amour, regarde, regarde cette plume... C'est une plume d'ange ! Oui ! un ange était là... Il vient de me la donner... Oh ma chérie, tu me sais incapable de mensonge, de plaisanterie scabreuse... Mon amour, mon amour, il faut que tu me croies, et tu vas voir... le monde ! "
La belle, le visage obscurci de cheveux, d'araignées de sommeil, me répondit :
"Fous-moi la paix... Je voudrais dormir... Et cesse de fumer ton satané Népal ! "
Elle me tourne le dos. Et merde !

Au petit matin, parmi les nègres des poubelles et les premiers pigeons, je filai chez mon ami le plus sûr.
Je montrai ma plume à l'Afrique, aux poubelles, et bien sûr, aux pigeons qui me firent des roues, des roucoulements de considération admirative.
Je sonne. Voici mon ami André.
Posément, avec précision, je vidai mon sac biblique, mon oreiller céleste :
"Tu m'entends bien, André, qu'on me prenne au sérieux et l'humanité tout entière s'arrache de son orbite de malédiction guerroyante et funeste. A dégager ! Finies la souffrance, la sottise. La joie, la lumière débarquent ! "
André se massait pensivement la tempe, il me fit un sourire ému, m'entraîna dans la cuisine et devant un café, m'expliqua que moi, sensible, moi, enclin au mysticisme sauvage, moi devais reconsidérer cette apparition.
Le repos... L'air de la campagne... Avec les oiseaux précisément, les vrais !

Je me retrouvai dans la rue grondante, tenaillant la plume dans ma poche.
Que dire ? Que faire ?
" Monsieur l'agent, regardez, c'est une plume d'ange. "
Il me croit !
Aussitôt les tonitruants troupeaux de bagnoles déjà hargneuses s'aplatissent. Des hommes radieux en sortent, auréolés de leurs volants et s'embrassent en sanglotant.
Soyons sérieux !
Je marchais, je marchais, dévorant les visages. Celui-ci ? La petite dame ?
Et soudain, évidente, éclatante,
l'idée m'envahit... Abandonnons les hommes !
Adressons-nous aux enfants ! Eux seuls savent que la foi est plus belle que Dieu.
Les enfants... Oui, mais lequel ?
Je marchais toujours, je marchais encore. Je ne regardais plus la gueule des passants hagards, mais, en moi, des guirlandes de visages d'enfants, mes chéris, mes féeriques, mes crédules me souriaient.
Je marchais, je volais... Le vent de mes pas feuilletait Paris... Pages de pierres, de bitume, de pavés maintenant.
Ceux de la rue Saint-Vincent... Les escaliers de Montmartre. Je monte, je descends et me fige devant une école, rue du Mont-Cenis.
Quelques femmes attendaient la sortie des gosses.
Faussement paternel, j'attends, moi aussi. Les voilà.
Ils débouchent de la maternelle par fraîches bouffées, par bouillonnements bariolés. Mon regard papillonne de frimousses en minois, quêtant une révélation.
Sur le seuil de l'école, une petite fille s'est arrêtée. Dans la vive lumière d'avril, elle cligne ses petits yeux de jais, un peu bridés, un peu chinois et se les frotte vigoureusement.
Puis elle prend son cartable orange, tout rebondi de mathématiques modernes.
Alors j'ai suivi la boule brune et bouclée, gravissant derrière elle, les escaliers de la Butte.
A quelques cent mètres elle pénétra dans un immeuble.
Longtemps, je suis resté là, me caressant les dents avec le bec de ma plume.

Le lendemain je revins à la sortie de l'école et le surlendemain et les jours qui suivirent.
Elle s'appelait Fanny. Mais je ne me décidais pas à l'aborder. Et si je lui faisais peur avec ma bouche sèche, ma sueur sacrée, ma pâleur mortelle, vitale ?
Alors, qu'est-ce que je fais ? Je me tue ? Je l'avale ma plume ? Je la plante dans le cul somptueux de ma passion néfaste ?
Et puis un jeudi, je me suis dit : je lui dis.
Les poumons du printemps exhalaient leur première haleine de peste paradisiaque.
J'ai précipité mon pas, j'ai tendu ma main vers la tête frisée... Au moment où j'allais l'atteindre, sur ma propre épaule, une pesante main s'est abattue.
Je me retourne, ils étaient deux, ils empestaient le barreau : "Suivez-nous."

Commissariat.
Vous connaissez un peu les commissariats ?
Les flics qui tapent le carton dans de la gauloise, du sandwich...
Une couche de tabac, une couche de passage à tabac.
Le commissaire était bon enfant, il roulait pas les mécaniques, mais les r :
" Asseyez-vous. Hé. Il me semble  vous avoir
déjà vu quelque part, vous. Alors comme ça, on suit les petites filles ?
- Quitte à passer pour un détraqué, je vais vous expliquer, monsieur, la véritable raison qui m'a fait m'approcher de cette enfant.
Je sors ma plume et j'y vais de mon couplet nocturne et miraculeux.
- Fanny, j'en suis certain, m'aurait cru. Les assassins, les polices, notre séculaire tennis de coups durs, tout ça, c'était fini, envolé !
- Voyons l'objet, me dit le commissaire.
D'entre mes doigts tremblants il saisit la plume sainte et la fait techniquement rouler devant un sourcil bonhomme.
- C'est de l'oie, ça..., me dit-il, c'est pas de la colombe  en tous cas ; ça y est, j'ai trouvé, vous ressemblez étonnement à l'inspecteur Colombo.
- Monsieur, ce n'est pas de l'oie, c'est de l'ange, vous dis-je !
- Calmez-vous ! Calmez-vous ! Mais vous avouerez tout de même qu'une telle affirmation exige d'être appuyée par un minimum d'enquête, à défaut de preuves.
Vous allez patienter un instant. On va s'occuper de vous. Gentiment hein ? Gentiment. "

On s'est occupé de moi, gentiment.
Entre deux électrochocs, je me balade dans le parc de la clinique psychiatrique où l'on m'héberge depuis un mois.
Parmi les divers siphonnés qui s'ébattent ou s'abattent sur les aimables gazons, il est un être qui me fascine. C'est un vieil
homme, très beau, il se tient toujours immobile dans une allée du parc devant un cèdre du Liban. Parfois, il étend lentement les bras et semble psalmodier un texte secret, sacré.
J'ai fini par m'approcher de lui, par lui adresser la parole.
Aujourd'hui, nous sommes amis. C'est un type surprenant, un savant, un poète.
Vous dire qu'il sait tout, a tout connu, compris, appris, senti, perçu, percé, c'est peu dire.
De sa barbe massive, un peu verte, aux poils épais et tordus,  le verbe sort, calme et fruité, abreuvant un récit où toutes les mystiques, les métaphysiques, les philosophies s'unissent, se rassemblent pour se ressembler dans le puits étoilé de sa mémoire.

Dans ce puits de jouvence intellectuelle, sot, je descends, seau débordant de l'eau fraîche et limpide de l'intelligence alliée à l'amour, je remonte.
Parfois il se tait et me contemple en souriant. Des plis de sa robe de bure, ils sort des noix, de grosses noix qu'il brise d'un seul coup dans sa paume, crac ! pour me les offrir.

Un jour où il me parle d'ornithologie comparée entre Olivier Messiaen et Charlie Parker, je ne l'écoute plus.
Un grand silence se fait en moi.
Mais cet homme dont l'ange t'a parlé, cet humain qui peut croire à ta plume, cet humain introuvable, et bien, oui, c'est lui, il est là, devant toi !
Sans hésiter, je sors la plume.
Les yeux mordorés lancent une étincelle.
Il examine la plume avec une acuité qui me fait frémir de la tête aux pieds.
" Quel magnifique spécimen de plume d'ange, vous avez là, ami.
- Alors vous me croyez ? vous le savez !
- Parbleu, je vous crois. Le tuyau légèrement cannelé, la nacrure des barbes, on ne peut s'y méprendre.
Je puis même ajouter qu'il s'agit d'une penne d'Angelus Maliciosus.
- Mais alors ! Puisqu'il est dit qu'un homme me croyant, le monde est sauvé...
- Je vous arrête, ami. Je ne suis pas un homme.
- Vous n'êtes pas un homme ?
- Nullement, je suis un noyer.
- Vous vous êtes noyé ?
- Non. Je suis un noyer. L'arbre. Je suis un arbre. "

Il y eut un frisson de l'air.
Se détachant de la cime du grand cèdre, un oiseau est venu se poser sur l'épaule du vieillard et je crus reconnaître, miniaturisé, l'ange malicieux qui m'avait visité.
Tous les trois, l'oiseau, le vieillard et moi, nous avons ri, nous avons ri longtemps, longtemps...
Le fou rire, quoi !
Le fou rire !

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02 février 2008

l'Homme dans la cité (Jacques Brel)

Pourvu que nous vienne un homme
Aux portes de la cité
Que l'amour soit son royaume
Et l'espoir son invité
Et qu'il soit pareil aux arbres
Que mon père avait plantés
Fiers et nobles comme soir d'été
Et que les rires d'enfants
Qui lui tintent dans la tête
L'éclaboussent d'un reflet de fête
 
Pourvu que nous vienne un homme
Aux portes de la cité
Que son regard soit un psaume
Fait de soleils éclatés
Qu'il ne s'agenouille pas
Devant tout l'or d'un seigneur
Mais parfois pour cueillir une fleur
Et qu'il chasse de la main
À jamais et pour toujours
Les solutions qui seraient sans amour
 
Pourvu que nous vienne un homme
Aux portes de la cité
Et qui ne soit pas un baume
Mais une force une clarté
Et que sa colère soit juste
Jeune et belle comme l'orage
Qu'il ne soit jamais ni vieux ni sage
Et qu'il rechasse du temple
L' écrivain sans opinion
Marchand de rien
Marchand d'émotions
 
Pourvu que nous vienne un homme
Aux portes de la cité
Avant que les autre hommes
Qui vivent dans la cité
Humiliés l'espoir meurtri
Et lourds de leur colère froide
Ne dressent au creux des nuits
De nouvelles barricades

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