16 avril 2008
De la rue et des urnes
Berlusconi a gagné largement les élections en Italie. Je n'y suis pour rien, j'ai voté Veltroni.
Je souhaite, maintenant, qu'on lui laisse faire ses réformes.
Je suis dubitatif bien sûr. Parce qu'encore une fois, tout le monde se dit démocrate et nombreux sont ceux qui ne respectent pas le résultat des urnes. Ils décident de savonner la planche, d'empêcher d'avancer.
Ce n'est pas la rue qu'on doit respecter, des excités il y en aura toujours, c'est les urnes.
On devrait s'engager en tant qu'électeur à ne pas gêner l'exercice du pouvoir d'un dirigeant démocratiquement élu. Celui-ci pourrait agir. Il n'aurait pas à passer les trois-quarts de son temps à justifier ceci, à déjouer cela, à manigancer, à communiquer, à lancer des ballons d'essais, bref à séduire pour durer, pour plaire, pour préserver la paix sociale.
J'ai voté Bayrou, puis Royal. Sarkozy a été élu et je n'ai jamais rien fait contre lui, il est légitime. Dans 4 ans, il remettra son titre en jeu et moi je ferai mon devoir.
Alors que Berlusconi ait le courage politique de déplaire et que la masse le laisse faire, il est, lui aussi, légitime.
En France, Sarkozy était celui qui avait l'image du plus courageux et on voit qu'il fait comme les autres, il recule. C'est dommage. J'aurais voulu qu'il aille plus vite, qu'il fasse des choses qui me déplaisent peut-être mais qu'il les fasse, qu'il réussisse et qu'il me donne tort, c'est plus important pour nous qu'un échec.
Puisqu'on fait les malins dans le pays des Droits de l'Homme avec la liberté. Puisqu'on veut bien se battre pour défendre la liberté de celui qui a une opinion différente. Et bien, battons-nous contre tous ceux qui empêchent notre Président, je répète, élu démocratiquement, d'exercer son pouvoir.
Le problème de nos dirigeants actuels, Président et Gouvernement, c'est qu'ils croient encore s'adresser à des individus intelligents qui réfléchissent, alors qu'il s'agit d'une masse qui râle. Deux exemples récents :
1. Carte Familles Nombreuses : Il ne s'agissait pas de la supprimer, il s'agissait de ne plus verser à la SNCF, les ressources financières correspondantes. La SNCF étant une entreprise florissante, il suffisait qu'elle pioche dans ses bénéfices pour pérenniser le système. On aurait même dû se taire et le faire. Rien n'aurait changé, sauf qu'on aurait pu faire quelques menues économies.
Mais, la presse s'en mêle, simplifie, populise et l'opposition verse son huile sur les premières étincelles et voilà le cirque... On a perdu juste du temps, de la salive et on a occupé quelques journalistes pendant trois jours.
2. Dé-Remboursement des lunettes : Pourquoi pas ! On simplifie le système. On évite les fraudes (certains opticiens acceptent des fausses déclarations de perte de lunettes de vue pour vendre des lunettes solaires et sécu et mutuelle remboursent. Bah, voyons !). Et les pauvres ? ai-je entendu. Mais les pauvres dans ce pays bénéficient de la CMU. Mes lunettes sont des lunettes CMU et elles ne sont pas plus moches que les vôtres et prises en charge en totalité, une fois par an. Les autres, les moins pauvres, ont des salaires, souvent des mutuelles, et ce n'est pas le petit remboursement de la Sécu qui va changer quelque chose. Un peu d'honnêteté que diable !
Et on va encore reculer là-dessus.
On gère n'importe comment. On gère à l'affect. On s'occupe de l'opinion, quand il faut s'occuper des caisses et des plus démunis. Mais ce ne sont jamais les plus démunis qui font des manifs et crient le plus fort.
Finissons par Voltaire (ça m'a toujours fait penser à Révolte):
"L'opinion est si bien la reine du monde que quand la raison veut la combattre, la raison est condamnée à mort"
Autre chose : La façade du Lycée Masséna était trop belle aux yeux du Conseil Régional. Celui-ci est allé fixer un panneau prétentieux aux couleurs de la collectivité. On dirait de la pub.
Plus discret, c'était pas possible ?
12 avril 2008
J'ai le samedi taquin
C'est fait. J'ai voté aux législatives italiennes.
Pour Walter Veltroni, bien sûr. Mais je sais que Berlusconi a toutes les chances de l'emporter. Parce que même si la Gauche Italienne est bien plus intelligente que la Gauche Française, elle est toute aussi douée pour faire élire des personnages de Droite sortis du même moule.
Responsables de la probable victoire de Berlusconi ? Les partis de Gauche Italiens.
Responsables de la victoire de Sarkozy ? Les partis de Gauche Français avec en tête le Parti Socialiste et sa redoutable candidate.
Décidément, j'apprécie de plus en plus Nathalie Kosciusko-Morizet. Ce franc-parler me plait bien.
Je ne vois qu'une chose pour remplir le Stade que nous prépare notre maire à Nice : nous payer pour y aller.
40 000 places, ça c'est du stade. Plus de détails ici.
J'ai aperçu une nouvelle-future-socialiste-professionnelle : ça pousse en général, pendant les grèves de lycéens ; ça a des prénoms de bourges, c'est le fruit des amours entre un enseignant et une dame patronnesse qui ne dit pas son nom, ça grandit en dirigeant un syndicat étudiant, ça affirme ne pas faire de politique et ça finit toujours rue de Solférino... et parfois même au Sénat.
Décidément, j'apprécie de plus en plus Laurence Parisot. Ce franc-parler me plait bien.
Encore des exclusions prévues au PS (dont Michel Charasse).
Bientôt, va plus y avoir personne pour exclure. Mais c'est qu'il y aura plus personne à exclure.
Bah oui, ça s'tient !
J'ai le samedi taquin, cette semaine.
08 avril 2008
Dans ma p'tite tête
Plus on essaie de gommer les clivages, plus certains se radicalisent.
"Choisis ton camp Camarade ! Tu dois être pour ou contre Sarkozy, pour ou contre les OGM, pour ou contre les JO, pour ou contre RSF, pour ou contre RESF, pour ou contre, un point c'est tout".
J'assiste depuis ma petite tête à un retour en arrière impressionnant. Le pire, les rôles sont inversés.
Les dénonciateurs des abus d'un Etat policier ne condamnent plus en fonction de faits mais de statut social. Les dénonciateurs du libéralisme préfèrent s'immoler qu'acheter une action en bourse. Les défenseurs des Droits de l'Homme font du spectacle et de la propagande. Les pacifistes d'hier choisissent la violence. Les altermondialistes ont des positions si tranchées qu'elles en sont, ridicules bien sûr, mais aussi porteuses de graines totalitaires. Quelques idéologues du bio ou de l'écologie foncent tête baissée. Des cinglés de certains régimes alimentaires mènent leur enfants à la mort. Des illuminés de Dieu font pareil.
L'opposition systématique est stérile et aussi médiocre que le cirage de pompes congénital. Si vous avez le malheur d'être noir sur tel sujet, blanc sur un autre et gris la plupart du temps, vous n'aurez pas des amis dans tous les camps, non, seulement des ennemis dans chacun d'eux.
Tous les défenseurs de la liberté de penser veulent que vous rentriez dans le rang, dans leurs rangs et hop on suit la ligne... puisque c'est la bonne.
Les journalistes de Gauche se radicalisent et se comportent comme si nous étions dans un pays totalitaire. Ils défendent leurs fonds de commerce comme de vulgaires épiciers. Non seulement, ils sont contre-productifs mais ils finissent par nous faire douter de tout. Ils se comportent comme des lanceurs de pavés. J'attends d'eux de la pondération, du sérieux, de l'objectivité. Leurs réactions d'adolescents pas finis pourraient faire place à des opinions d'adultes responsables ; bien sûr que c'est possible. Et en plus, ils se drapent dans des formules du genre "Droit de l'Homme, Capacité d'Indignation, Devoir de résistance"... Résistance à quoi ? A l'embourgeoisement ? Oui, c'est cela qu'ils défendent, l'embourgeoisement.
A quoi ça sert d'être de Gauche si c'est pour faire comme la vieille Droite, celle que les plus anciens ont connue, la conservatrice, la manichéenne, la sectaire, celles des nantis.
L'eau au moulin des conflits entre c.lasses sociales est apportée par ceux qui croient défendre les petits en nous parlant d'une infirmière qui ne gagne "que" 2300 euros par mois ou d'un prof qui, le pauvre, à la retraite va gagner moins qu'en activité. Mais, qu'avez-vous donc comme filtres sur vos lunettes ?
Où est la différence avec cette cliente très bourgeoise qui me disait en 1975 "Rendez-vous compte Monsieur, rien ne va plus, cette année, nous allons nous priver de Sports d'Hiver" ?
Voilà, le fossé a été creusé par ceux qui disaient vouloir le combler.
On pourrait écrire des bibliothèques de ces bonnes intentions gâchées par des excités qui justifient le combat, le rapport de force, seulement parce que c'est l'autre qui a commencé.
"Je dénonce la violence, et je le fais avec violence" Ca tient quelle route ça ?
Il suffit que vous prêchiez la tempérance et le sérieux et vous voilà, risée de tous, centriste modéré mou, fataliste voire complice des puissants.
Cette pensée unique est médiocre. Elle s'est mise en place pour réchauffer les esprits faibles qui ont besoin de la masse pour panser leurs blessures.
Je sais, chez moi, c'est récurrent. Mais je n'ai plus que quelques jours de blog pour "me lâcher" et ce sujet me tient à cœur parce que c'est la famille d'où je viens que j'accuse de trahison, "la Gauche" celle qui était censée défendre les pauvres, les petits, le monde ouvrier, les précaires. Or, elle ne s'occupe que des c.lasses moyennes et de ceux qui sont déjà protégés. Que voulez-vous, ils ont des électeurs à séduire, des parts de marché à défendre.
L'injustice sociale m'est insupportable !
Et après, elle se plaint cette Gauche. Continuez comme ça... j'avais en mémoire 23 ans d'opposition entre 58 et 81. Au boulot, record à battre.
Autre chose ...ou pas :
- N'est-ce pas aussi débile de répondre à la banderole du stade parisien par le retrait des produits du PSG dans les magasins de sport du Nord ?
- N'est-ce-pas un peu vicieux pour Monsieur Ménard de s'étonner de l'importance du dispositif policier pour protéger la flamme alors que c'est lui qui a tout fait pour faire monter la tension ? J'allais oublié de vous remercier Monsieur Ménard, parce que sans vous j'aurais continuer à croire que la Chine était une grande démocratie où tout est petites fleurs et petits oiseaux ; vraiment merci merci mille fois merci de m'avoir ouvert les yeux sur la réalité, abruti que j'étais.
- J'étais déjà scandalisé de voir des élus rouler sans ceinture de sécurité ou faire la grève de la faim. Maintenant, j'ajoute deux élus franciliens qui ridiculisent la politique en s'attaquant à une flamme (dont je me moque d'ailleurs) à coup d'extincteur ou de vociférations dignes du moindre primate. Ces gens-là ont eu la confiance d'électeurs et touchent des indemnités pour donner une image aussi lamentable.
- N'est-ce-pas un peu puéril de croire encore que c'est le nombre de fonctionnaires qui fait la qualité du Service Public ?
05 avril 2008
De tout...
Les Chinois rigolaient déjà des états d'âmes et autres manifestations d'humeur de trois occidentaux devant les caméras. Maintenant, ils se tordent de rire, les athlètes Français porteront un badge olympique orné du magnifique slogan "Pour un monde meilleur". Waouh !!! ça fait franchement peur. J'aimerais pas être Chinois, moi.
On a inventé un appareil émettant des sons que seuls les jeunes entendent, pour les éloigner de nos tranquilles résidences. Bien fait. C'est eux qu'ont commencé, ils ont trafiqué leurs scooters qui émettent des bruits que nous seuls entendons. Parce qu'eux, s'ils les ont entendus un jour, maintenant, c'est sûr, ils sont sourds.
Enfin! Notre Président a parlé et on va mieux gérer notre pays. Le seul reproche que je lui fais, c'est de se sentir obligé d'expliquer qu'une partie des économies faites sur les postes de fonctionnaires non-remplacés seront reversés aux autres fonctionnaires. Au lieu de dire, vous qui avez un salaire, désormais, vous le partagerez avec les plus démunis de ce pays. Eventuellement, votre démission sera la bienvenue. Toujours ce manque de courage politique. Si on ménageait les pauvres et les précaires comme on ménage les fonctionnaires, on finirait peut-être par approcher d'une société solidaire.
Un comble. Une élue socialiste n'est pas contente car on va inciter des occupants d'HLM qui ont les moyens, à se loger dans le privé. Avec une argumentation tordue, mais alors, tordue.
Suivant la source d'information, Barack Obama est soit noir, soit pas noir, mais jamais blanc.
En Roumanie, les ouvriers de chez Renault ont vite appris, ils font grève. Renault rigole (comme un Chinois) et ira ailleurs si ça continue. En France, des syndicats vont nous dire que c'est pô juste pour les ouvriers roumains et les mêmes nous disaient que c'était pô juste quand on avait délocalisé pour les ouvriers Français.
Bonus. Mail reçu aujourd'hui de la part de Didier qui recherche des témoignages sur Mai 68 :
"Bonjour les gens.
Si vous avez envie de témoigner ici (http://feuillederoute.unblog.fr/2008/04/05/cest-son-mai-68/), je serais trés content ! Hésitez pas à faire circuler ce mail dans vos réseaux de qui ont vécu 68 !!!"
27 mars 2008
Tout va bien... la vie est ailleurs
J'ai laissé hier, sur un blog, "énergie renouvelable", un commentaire qui ressemblait à des élucubrations. J'ai rigolé de moi-même alors j'ai décidé de le reprendre et de l'étoffer pour en faire un billet :
On a des problèmes de riches et tout va bien.
Au lieu de se regarder le nombril mutuellement on ferait bien de tendre les bras et d’agir à cette distance, ce sera déjà ça.
Tensions dans la société ? Tensions de rien du tout, tensions inventées, grossies par la loupe
télé, par la boule de neige de l’Internet, par les commentaires de
comptoir de blogueurs que nous sommes.
Il ne se passe rien de pire qu’hier. Une fleur est une fleur et faire
l’amour à la femme qu’on aime sans faire un enfant à tous les coups (si
je puis dire) devrait suffire à notre bonheur.
La Chine se marre des interrogations de petits bourgeois gâtés du pays
des Droits de l’Homme et demande “combien de divisions ?”. On finira par
aller aux Jeux Olympiques même si finalement les Chinois auraient
préféré se partager les médailles entre eux. Tout va bien.
Les animateurs télé parlent des animateurs télé et parfois parlent des animateurs télé qui parlent des animateurs télé.
Tout va bien.
La politique n’existe plus et n’a aucun pouvoir. Le "pouvoir politique" est une boite de com, c'est comme ça. Tout va bien.
On voulait arrêter d'être manipulés, c'est fait, le monde fonctionne tout seul. Plus personne aux commandes, seulement NOUS, c'est formidable ; la manipulation est automatique, autogérée et interactive. Tout va bien.
La Finance s'est tellement démocratisée qu'il n'y a plus de pilote dans l'avion. Le vaisseau spatial est livré à lui-même. Même pas grave. On y a seulement gagné la certitude que le complot international n'existe pas.
A force de réclamer de la transparence, on n'a plus aucune visibilité.
Mai 68 occupe les esprits et se prend pour Radio Nostalgie. Le recyclage, c'est la mode. Moi, je suis pour l'incinération du passé. Tout va bien.
L'information s'informe et l'actualité date. Tout va bien.
Mon maire renvoie l'UMP au niveau du PS. Tout va bien.
L'euro n'est plus que franc en pouvoir d'achat. Tout va bien.
Et rien ne pètera jamais car tout va bien et que la vie, la vraie, est ailleurs.
La vie, la vraie, est à l'intérieur.
Bon, je ne sais plus ce que j’ai écrit. M’en vais appuyer sur “Poster et publier” en me disant que ça peut pas être bien grave.
26 mars 2008
Super le supermarché !
Tant qu'il sera trop compliqué et pas moins cher de faire ses courses par Internet, nous irons au supermarché.
C'est un moindre mal.
Le gérant de la supérette du coin se sent obligé de nous faire partager la moiteur de sa main et nous dire des banalités, non, pire, des conneries ; nous ne le supportons plus. La boulangère prend le pain avec la même main que les euros sans engueuler la cliente qui rentre avec son chien ; nous ne le supportons plus. Le boucher lance à longueur de journée "Alors qu'est-ce-qu'on mange ce soir ?" ; nous ne le supportons plus.
Le supermarché au moins, c'est anonyme. Le maximum de conversation sera Bonjour-Merci-Aurevoir. L'automatisme contractuel de la caissière, nous avons décidé de l'adopter aussi. Pour le reste, nous choisirons nous-même nos produits, je prends/je prends pas, nous avons cette liberté sans avoir à nous justifier et sans qu'on nous re-fourgue le plat-du-jour. Le self plutôt que le resto. Parfait. Nous nous enfermerons dans notre bulle et, patiemment, attendrons que ce temps imbécile passé à faire les courses, passe.
Sauf que voilà, on a inventé des commerciaux dans les rayons, des "vendeurs".
Aujourd'hui, il n'y a plus que deux métiers au monde, fonctionnaire ou vendeur. Tu n'y coupes pas.
Donc, dans les allées ensoleillées et colorés du beau monde de la consommation, on a installé des gueules de gondoles vivantes et qui parlent fort et qui ameutent tout le monde. Quelques fois, elles se postent derrière des tonnes de choucroute fumante ou de couscous pour colonie de vacances et elles gueulent, et elles gueulent.
Au rayon vin, c'est le top. Le vendeur ultra-brite a mis la salopette bordeaux, bordeaux c'est la couleur, pour faire au-then-tique. Pour faire l'authentique abruti, y'a pas mieux en effet. Il nous la joue, "entre connaisseurs vous comprenez", c'est pas comme tous ces nuls qui n'y connaissent rien.
Plus loin, on vous offre un café avec un petit biscuit. Bon, là, d'accord, on baisse les bras, on se laisse faire ; ce sera le mauvais exemple.
Pour les shampooings et autres cosmétiques, on vous a déguisé une pauvre étudiante en pin-up qui se tord les chevilles à chaque pas... les talons aiguilles et les tailleurs jaunes, c'est une première pour elle.
Vous étiez donc venu au supermarché pour faire le plein de consommable tout en souhaitant être tranquille. C'est raté !
Deux solutions :
La première, vous compatissez ; le sort de ces pauvres employés exploités vous importe et vous restez poli, gentil et vous arrivez dans le parking sur les genoux.
La seconde, vous vous "payez" le premier en lui expliquant que si vous venez là, c'est justement pour être libre et qu'on n'ait pas à vous inciter à acheter, ni même à vous parler ; ça marche très bien, pour peu que vous ayez bien joué le hautain, le supérieur outré qu'un manant daigne vous adresser la parole. Une fois suffit, car ça vous façonne un personnage et les autres gueules de gondole ne se risquent plus à vous aborder.
Qu'est-ce-qu'on n'est pas obligé de faire pour être tranquille !?
Le bouquet final, c'est la caissière, hôtesse d'accueil on dit, celle qui se plaint de travailler à temps partiel et de mal gagner sa vie. C'est elle qui vous crie "Il faut laisser les packs d'eau dans le caddie" "Bien, Mademoiselle, mais un ton moins sec aurait été tout aussi efficace" Plus de sourire, plus de Merci, plus d'Aurevoir. La caissière a la vengeance immédiate.
Repartant vers le parking, vous la voyez, elle ou ses acolytes, assise sur les jardinières de fleurs à fumer une cigarette et vous ne pouvez pas vous empêcher de penser qu'elle l'a bien cherché, son boulot de caissière.
Et dire que certains trouvent les grandes surfaces trop déshumanisées.
Les claviers et écrans d'ordinateurs sont peut-être pas humains du tout, mais ils n'ont pas mauvaise haleine et ne sont pas vulgaires.
Vivement les courses faciles et moins chères... par internet.
25 mars 2008
Le symbole
Merci à Didier pour la photo. Son Energie renouvelable en contient d'autres.
Solutré, Collombey, le plateau des Glières maintenant. Ces pèlerinages médiatiques me donnent toujours l'impression qu'on se moque de moi.
Cela me fait le même effet que les fois religieuses étalées au grand jour. On pourrait considérer que l'attachement à un lieu fort doive rester quelque chose d'intime, de personnel. Qu'on communie avec son passé, son histoire, la magie de l'endroit, pourquoi pas... mais en silence, on en tirerait un profit humain sans doute supérieur.
Mais, c'est symbolique, me direz-vous. Et voilà. Le mot est lâché. Le symbole.
Quand ça ne sert à rien, on dit que c'est symbolique. C'est juste censé nous faire extrapoler, nous, pauvres abrutis que nous sommes, incapables de nous souvenir, incapables de penser par nous-mêmes, incapables de projeter.
Pour nous montrer que le Conseil Régional s'occupe de nos enfants, il faut faire venir une caméra, mettre un casque sur la tête du Président, lui refiler une truelle et lui faire faire deux allers-retours de ciment sur un parpaing. C'est symbolique. Ah bon. Moi je croyais que c'était lui qui construisait le lycée. Il a mis la première pierre, il peut continuer. Non ?
Le symbole, c'est fait pour nous réveiller car nous ne savons pas trouver du sens aux choses, nous. L'abstraction, c'est pas notre truc. On doit nous montrer des images, des objets pour qu'on comprenne.
Notre gouvernement s'occupe de la Recherche ? Une blouse blanche, un bâillon et un bonnet de douche feront l'affaire parce qu'il faut que je le vois ; on me le dirait seulement, on me l'écrirait seulement, je ne l'intègrerais pas.
Bien faisons court. Les symboles, les commémorations, les pèlerinages, les anniversaires, les journées-de sont là pour Réveiller ma conscience, parce qu'elle dormait et je ne le savais pas. Décidément, trop bête que je suis.
Trêve d'ironie, je pense que chacun est capable d'avoir son esprit éveillé et que, si éventuellement, on veut aider son prochain à se servir de son intelligence, il faut le lui dire et pas le manipuler avec du spectacle, des symboles et des jeux du cirque.
Mais, ce que j'en dis, moi... c'est juste pour faire un billet par jour, hein.
18 mars 2008
Nice est un village
Aujourd’hui, ce sera Mon debriefing de Mes Municipales.
National : Dommage pour Bayrou. Content pour Bockel et Delanoë (même si je regrette que la proposition de Marielle de Sarnez n’ait pas été suivie d’effet et qu’en plus le PS vienne dire que c’est le maintien du MoDem dans le 5ème qui fait gagner Tibéri… ça me fait penser à autre chose. Passons)
Local : Pour éviter de me répéter je vous renvoie aux analyses sérieuses et limpides de personnes plus à même de faire des analyses politiques que moi : Chez Patrick, chez Dominique et là (cette dernière analyse est lisible par tous, elle est très juste et en même temps décalée dans le s.tyle. C’est intéressant, drôle, hilarant, même pour les non-niçois et même pour ceux qui n’aiment pas la politique)
Pour ma part, je vous raconte des anecdotes : Nice est un village,
disais-je.
Sans chercher à les voir, j’ai aperçu par hasard les trois candidats du 2ème
tour entre Vendredi soir et Dimanche après-midi.
Vendredi : Je reviens de la boulangerie. Le tête de liste de la Gauche est là, dans ma rue, à mettre
des fac-similé de Nice-Matin sur les pare-brises. Tout seul. Il a l'air triste
et perdu. Personne ne lui parle. Personne ne le reconnait (dans un quartier
plutôt partisan). Miracle, son portable sonne. Et là, il peut sortir son
sourire et se donner une contenance. Il s'appuie sur une voiture, genre
décontracté, j’ai bien dit genre, c’est tellement flagrant. Quand on n’est pas,
faut paraître.
Il y a quelques semaines, dans la même rue, Patrick Mottard passe : Les
gens l’arrêtent, l’interpellent et lui, répond toujours, prend du temps, s’intéresse.
Il est disponible. L’Humain, ça ne s’apprend pas.
Samedi : Marché Saleya, le maire sortant fait campagne : au moment où je passe, il discute avec une vieille dame. Je capte sa phrase "Qu'est-ce qu'il vous faudrait comme logement ?" Ce genre de trucs continue à me choquer. Les gens qui l’accompagnent, quand on leur refuse leur tract, vous remercient poliment, un peu trop, à la manière du mendiant moderne qui souhaite une bonne journée à tout le monde.
Dimanche : Je suis derrière les barrières de l’arrivée de la course cycliste Paris-Nice. Derrière les spectateurs qui me font face, sur la Promenade entre foule et plage, un groupe de costumes bien taillés s’approche. La personnalité et les gardes du corps se ressemblent, hormis l'oreillette, démarche rapide, allure dynamique (une scène de cinéma). Ils veulent traverser la chaussée, la sécurité refuse, même au futur maire. Car il semble que celui-ci s’empresse d’atteindre le podium avant l’arrivée des coureurs, podium où préside, une dernière fois, le sortant.
Entre temps, samedi : Dans la rue, je refuse un tract de la liste de Gauche.
N’étant pas du genre agressif, je passe mon chemin, mais, le jeune homme
cherche la discussion. Qu’à cela ne tienne nous l’aurons.
Ayant fait part de mes intentions de vote, il commence par l’argument
choc éculé et ridicule suivant le lequel, le blanc, le nul et l’abstention sont
des voix pour le favori. Irrecevable.
Ils sont désormais deux à argumenter. J’apprends qu’ils font partie de la liste de
Gauche. Deuxième argument : Attention. Vous êtes assis. "Ah mais
attention, nous on n’est pas au PS ". Ils sont d’un autre parti de Gauche.
C’est comique.
En réponse au refus de fusion de liste (avec Mottard) par leur leader, j’ai droit à "Mais,
on lui a dit que ce n’était pas bien". C’est un peu court, jeune homme !
Ces deux-là sont sympathiques et respectueux. Je sens tout de même une
sorte d’engagement irrationnel, dessaouleront-ils lundi ? Car, figurez-vous
qu’ils croient "franchement" la victoire possible. Manipulés et
fiers de l’être, sans doute.
Pendant qu’avec passion et respect, nous discutons, arrive une de
leurs collègues de distribution au regard haineux derrière un sourire large de
façade ; son dédain et son mépris m’apparaissent d’abord comme le dépit du
vendeur qui n'est pas parvenu à refiler sa camelote, puis, comme le danger absolu que sont
ceux que l’idéologie conduit au délire et à l’extrémisme.
Les deux premiers s’excusent pour elle. D’autant que je ne suis allé
chercher personne. Je considère que c'est les respecter que d'accepter l'échange.
17 mars 2008
Gardusudo
Voilà, j'ai fait comme Gardusudo.
Chacun en pense ce qu'il veut.
Au moins, je n'aurais pas été complice de la mauvaise foi et de la malhonnêteté intellectuelle qui se sont encore honteusement affichées hier soir dans ma télé.
(que ceux qui se sentent visés se sentent visés)
(c'est tout pour aujourd'hui)
14 mars 2008
Ce choix qui nous échoit
Pour les non-Niçois (et les autres) : Nouvelles photos au Rayon Frais.
Pour les Niçois (et les autres) : Nouvelle réflexion de second tour.
Ils sont quatre bons copains. Niçois de Gauche, c'est leur point commun, l'un de leur point commun.
Au premier tour des Municipales, deux d'entre eux ont voté Mottard, un a voté Caël et le quatrième a choisi Della Sudda.
Aucun d'entre eux n'a voté pour la liste officielle présentée par les partis de Gauche officiels. C'est leur second point commun. En effet, ils ont définitivement mis une croix sur les manipulations politiciennes et la déloyauté des hommes, choses qu'ils croyaient, pauvres naïfs, réservées à la Droite.
C'est dire si ce carré de copains est bien embêté depuis les résultats de dimanche.
Ils ne sont plus dans un choix d'adhésion, ils sont "dans la merde" ; c'est ce qu'ils se sont dit au soir des résultats.
Etant posés de nature et ne parlant pas pour ne rien dire, ils ont décidé de confronter leurs réflexions personnelles en milieu de semaine.
Gardusudo, Sanrocco, Plassarsono et Garibaldinho ont choisi le Café de Nissa. C'est central, sympathique et très coloré, donc, bon pour le moral.
Chacun arrive, sa décision en poche pour le vote de dimanche et, secrètement, attend des autres l'argument miracle qui va le faire changer d'avis.
Le respect des décisions des autres est acquis entre ces copains-là. Aussi, il sera facile d'exprimer ses opinions. Chacun le fera en annonçant d'abord son choix, puis en argumentant avec économie, car on imagine aisément que le cheminement intellectuel a été identique pour tous ; ils se seront arrêtés à des stations différentes, c'est tout.
(Nous appellerons les candidats en lice Es. Pe. et Al. pour éviter les recherches Google sérieuses)
Sanrocco a dit :
Je partirai à la pêche. Qu'ils aillent se faire voir.
Surtout pas Al. pour les mêmes raisons que la semaine dernière. C'est lui qui nous a mis dans cette situation.
Je n'ai pas critiqué et combattu Pe. pendant toutes ces années pour finir par voter pour lui.
Et Es. bah... c'est pas possible parce que... parce que c'est pas possible.
Gardusudo a dit :
Je mettrai un bulletin Mottard dans l'enveloppe. Il sera compté nul, je m'en fous.
Surtout pas Al. pour ce que tout le monde sait y compris ceux qui votent pour lui.
Et ni Pe., ni Es., parce qu'un bulletin de Droite dans l'urne me transformerait jusqu'à la fin des temps en héros hugolien fuyant sa conscience.
Garibaldinho a dit :
Je voterai à Gauche. Parce que c'est comme ça. Je tombe dans le piège tendu ? D'accord. Je vais dire à ma conscience que je ne vote pas Al. mais à Gauche. Même si je sais que ce vote-là favorise Es. et que finalement le scénario est écrit depuis longtemps.
Plassarsono a dit :
Je voterai Pe. parce que c'est le seul moyen d'éviter Es.
Parce que le piège tendu par Al. qui ne me croyait pas capable de voter à Droite, ne doit pas marcher. On m'a eu avec Royal, on ne m'aura pas cette fois-ci. Je ne jouerai pas ce jeu-là.
Donc,en votant Pe., j'évite benêt blanc, et blanc benêt. Et puis, c'est le seul vertébré du trio.
Sont pas plus avancés nos compères. Ils feront ce qu'ils ont dit. Aucun miracle n'est venu les faire changer d'avis.
Ils pèseront peu sur les statistiques et peu sur les résultats.
Ils sortent du Café, s'embrassent comme de bons copains et se demandent si en 2014, ils seront encore de ce monde pour offrir une autre ville, dirigée autrement, à leurs enfants.
Vivement Lundi qu'on se détende un peu.







