24 avril 2008
C'est pas assez
2 plus 2 a demandé la maîtresse
Trop facile a pensé l’enfant, c’est pas assez.
Alors il a
cherché autre chose.
Il a suivi la courbe du 2, le coude, la base.
Il a
recommencé avec le second.
Rien. L’enfant n’a rien trouvé.
Alors, l’enfant s’est cru bête. Le moins intelligent de
tous.
Mais a cherché, cherché encore.
Quand, au premier rang, quelqu’un a répondu : 4
Quelqu’un fut félicité et quelqu’un eut le bon point.
C’est pas assez, pensa l’enfant.
Trop facile a pensé l’enfant, c’est pas assez.
Alors il a
cherché autre chose.
Tout son être traversé par la poésie, par l’odeur, les sons,
les deux brûlures au côté droit.
Trop facile. Pas assez.
Rien. L’enfant n’a pas
trouvé.
Alors, l’enfant s’est cru creux. Le plus vide de tous.
Mais
a cherché, cherché encore.
Quand, au premier rang, un autre a dit que le soldat ne dort
pas, il est mort.
Un autre fut félicité et un autre fut valorisé.
C’est pas assez, pensa l’enfant.
L’enfant finit en 10 et ne dit rien.
Il chercha autre chose.
Trop facile. Il ne trouva pas.
L’embauche eut lieu. Résultats exceptionnels.
C’est pas assez, pensa l’enfant.
Vous allez
pouvoir gagner beaucoup d’argent.
C’est pas assez, pensa l’enfant.
Triste ambition. Erreur.
L’enfant fuit.
L’argent fut pour un autre, moins ambitieux.
C’est pas assez, pensa l’enfant.
C’est pas assez, pensa l’enfant.
Votre travail est exemplaire.
Personne n’a eu ce poste avant d’être trentenaire, a dit le
directeur.
C’est pas assez, pensa l’enfant.
Reposez-vous maintenant, a dit
l’entourage.
C’est pas assez, pensa l’enfant.
Vous êtes original, soyez satisfait, a dit la rumeur.
C’est pas assez,
pensa l’enfant.
Vous vous prenez pour
qui ? a crié le lecteur.
Pour un enfant, a dit l’enfant.
Commentaires
- Je te donne tout, dis-je à l'enfant. Est-ce assez?
- Tu ne peux pas tout me donner répondit l'enfant.
- Je te donne l'enfant qui est en moi, dis-je à l'enfant. Est-ce assez?
- Tu ne peux pas me donner l'enfant qui est en toi.Si tu me donnes l'enfant qui est en toi, tu mourras, répondit l'enfant.
- Que puis-je faire pour toi alors, ai-je demandé à l'enfant avec un soupçon d'irritation?
- Mais pourquoi crois-tu que mon insatisfaction doive cesser? demanda l'enfant.
Là, forcément, j'ai arrêté de parler. C'était mieux. Même si ce n'était pas assez.
A l'enfant Claudio
« Les sept futurs et derniers billets sont prêts. » dit Claudio le 20 avril de l’année 2008.
C’est pas assez dit l’enfant LP à J-4 tout en appliquant le slogan du Vivre et laisser vivre.
Il a bien aimé ici les Notes de la semaine dix-sept. Il les a attendu un peu comme l’enfant qui attend le bouquet du feu d’artifice. Il n’a pas été déçu.
Il aime bien photographier cet enfant là, même sans appareil, juste avec ses yeux.
Ces pages déposées lui resteront comme des beaux clichés et souvenirs de partage dans son album perso. Celui du cœur.
Alors
Dessine-moi un mouton...
Vous ne devriez pas nous laisser ainsi.
Vous faites une erreur, ont crié les bloggueurs.
C'est pas assez, répondit l'enfant.
Il reprit le bâton qui lui servait d'épée à cinq ans. Ce même bâton qui fut la béquille de ses années galères. Ce même bâton qui était devenu celui du pèlerin. Avide de savoir et de compréhension, il prit la route sans se retourner, à contre-pied, à contre-sens.
Le tonneau-loft redevint simple tonneau. FERME. Il a clos, Diogène. Il a essayé. Mais même si ce fut une belle aventure, ce n'était pas assez...
Mais a-t-il vraiment existé cet enfant ou l'ai-je rêvé ? A-t-il été un enfant précoce ou est-il un homme-enfant ? Il reste mystère...
Auf Wiedersehen, Herr Mythe.
Je m'incline. Plum', Lous-Paul et Tiphaine ont une plume bien plus fine et bien plus juste que la mienne !
Je ne dirais pas mieux mais je pense tout pareil.
Sympa vos commentaires. Juste ce qui me va.
Mcbarbara, je ne dessinerai jamais de moutons, je sais comment ça finit : j'ai un traumatisme de mouton, d'abattoir et d'Aïd quelque part en Seine-et-marne qui ne guérit pas.
Spécial Plum'
Propre, juste et drôle ton commentaire, Plum'.
J'en profite pour dire que certains pensent encore que j'ai fait ce blog pour recevoir des compliments ou pour une reconnaissance sociale.
Perdu. Sinon je l'aurais fait plus tôt. Je l'ai fait quand j'étais sûr que je pouvais le faire.
ça n'empêche que les compliments et les complicités, je prends, je prends et je reprends...
c'est vrai que vous avez mis le niveau hyper haut là bouhh... 3 styles complètement différents mais tout aussi talentueux...
Claudiogène découvreur de talents...
souvenirs de l'année du bac:
interro orale de philo;le prof:parlez- moi des valeurs!
l'enfant:...
le prof(au bout de quelques minutes de silence éploré):je vous donne 4...
l'enfant(celui qui ne sait pas encore parler...in petto ...4 c'est vraiment pas assez mais , ouf ,ça vallait bien zéro...)
C'est pas assez...
Veux-tu parler de l'insatisfaction des idéalistes ?
... ou du manque d'ambition des autres ?
Bien sûr !
Bien sûr !
Je découvre ce texte que j'ai sans doute découvert à un autre moment. Bravo ! :-)
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