Il pleut. Il marche.
Tête baissée comme si ça le protégeait plus. Il fait vite mais les flaques d'eau le freinent souvent.
La suivante n'est pas une flaque, c'est une mare. Et voilà qu'il peste intérieurement contre l'incompétence des services de voirie. Obligé d'enjamber une bordure et de mettre le pied sur le gazon.

Comme il a bien fait ! Merci "l'incompétence des services de voirie".
Là, derrière la bordure sous son pied, une feuille de papier quadrillée, mouillée, trempée même.
Quelques lignes écrites sous forme de vers.
Il s'arrête, ramasse. Tout n'est pas lisible.
Il pleut toujours.

Plus tard, il lit :

"C’est une mer singulière
Et un soleil pluriel
Qui offrent au cœur sa lumière
Et au regard, le ciel

C’est un automne aux mains d’hiver
Et une pluie sans sel
Qui sonnent l’heure de la première
Au cinéma xxxxxx

Ce sont des larmes familières
Et une douleur cruelle
Qui remuent l’homme du séminaire
En crise de foi réelle

Ce sont des armes xxxxxxxxxxx
Et des couleurs pastels
Qui xxxxxxx l’œil xxxxxx poussière
..........................................."

"ça sent le jeu du dimanche" se dit-il

Il décida de le partager vendredi.